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RÉGIME CÉTOGÈNE ET HUILE DE COCO : DANGER !

L’huile de coco ou huile de coprah, fabriquée à partir de la noix de coco n’est pas solide à température ambiante, elle se présente comme une crème.

Elle est depuis peu l’objet d’une promotion extrêmement intense, la présentant comme un superaliment, et le plus souvent, associée à celle d’un régime cétogène. L’huile de coco et le régime cétogène, très appauvri en glucides et comprenant majoritairement des graisses seraient la solution à nombre de problèmes.

En pratique que représente de faire un régime cétogène ?

Dans un régime cétogène, les lipides doivent représenter de 70 à 90% de l’apport énergétique,  les protéines de 10 à 20%, et les glucides pas plus de 10%.  

Or, dans une alimentation équilibrée, les glucides devraient fournir environ 55 % des calories, les lipides, 35% et les protéines autour de 10%.  

Première constatation : l’écart est tout simplement monstrueux !

Concrètement, vous pourriez manger toutes les viandes, y compris les plus grasses (côtelette d’agneau, échine de porc, entrecôte de bœuf…), les volailles avec leur peau, les charcuteries, tous les poissons notamment les poissons gras (hareng, maquereau, sardine, saumon), les œufs, tous les fromages, les fruits oléagineux Les corps gras s’utiliseraient à volonté en assaisonnement ou en cuisson. Beurre, crème fraîche ou huile de coco sont recommandés au quotidien.

Les principales sources de glucides devraient être supprimées : les pains, biscottes, céréales de petit-déjeuner, tous les féculents (pâtes, riz, pommes de terre, semoule, maïs, quinoa, légumes secs), les quiches, pizzas, plats cuisinés et sauces du commerce, les biscuits, et bien sûr les sucres rapides.

Seul le chocolat contenant plus de 85 % de cacao (presque pas sucré) est autorisé en petite quantité. Vous devez limiter les laitages à un par jour (puisqu’ils apportent du lactose, qui est un sucre). Légumes et fruits sont très limités. Seul l’avocat est promu du fait de sa richesse en graisses.

Quel est le but ? de reproduire un effet du jeûne par baisse de la glycémie, ce qui amène le foie à produire des corps cétoniques, ces corps cétoniques pouvant être utilisés comme carburants, en particulier par les neurones.

Sur quoi on peut être d’accord

Réduire les glucides rapides, tout le monde peut être d’accord.

Limiter les produits laitiers, nous l’avons expliqué de nombreuses fois. 

Consommer du chocolat riche en cacao, nous l’avons vu.

Sur quoi on ne peut pas être d’accord

Promouvoir les graisses, quelle que soit leur qualité est totalement inacceptable Les graisses saturées qu’elles soient chaînes longues, moyennes ou courtes, ne peuvent pas dépasser au grand maximum 10% des graisses du fait qu’elles sont non seulement très peu combustibles, mais qu’elles augmentent les triglycérides. Ces triglycérides s’accumulent dans le foie et donnent des stéatoses, c’est-à-dire un foie gras, ce qui a été montré dans les études chez les animaux soumis à un régime cétogène. Et ils s’accumulent dans le tissu adipeux. 

Les mêmes acides gras saturés se retrouvent dans les membranes cellulaires qui se rigidifient, ce qui ralentit leur nutrition, leur métabolisme et l’expression des gènes. Au niveau des globules rouges, cela les rend incapables de bien se faufiler dans les plus petits vaisseaux, les capillaires, où ils doivent délivrer l’oxygène.

Par ailleurs ces graisses saturées bloquent le métabolisme des acides gras polyinsaturés, ce qui aboutit à des effets inflammatoires. Et perturbent la composition de la flore du colon, ce qui a aussi des effets inflammatoires.

Si l’on consomme de l’huile de coco, on ne consomme pas les huiles démontrées les plus profitables pour la santé : l’huile d’olive vierge riche en polyphénols et l’huile de colza ou les huiles encore plus riches en oméga 3. 

Il est demandé de limiter les produits laitiers parce que riches en lactose, soit, mais de favoriser ceux qui sont riches en graisses : fromage, beurre, crème fraîche… est évidemment une aberration.

Réduire aussi drastiquement les apports en glucides complexes est intenable. Car les glucides complexes sont des végétaux associés à des fibres, indispensables à la bonne santé de la flore intestinale. Ils sont des sources riches en minéraux protecteurs comme le magnésium et le potassium et en polyphénols. Mais, encore plus important, ce sont les seules sources de protéines végétales. Si on n’en consomme très peu, on est obligé de consommer beaucoup trop de protéines animales, les aliments les plus inflammatoires qui existent. Leur consommation augmente les risques de surpoids, de diabète, de maladies cardiovasculaires, de maladies neuro-dégénératives, entre autres.

L’huile de coco et le régime cétogènes bons pour l’énergie et le surpoids ?

Elle contient plus de 90% d’acides gras saturés (plus que le beurre), mais une proportion importante sont à chaîne moyenne, ce qui leur permettrait d’être facilement brûlés pour produire de l’énergie dans les mitochondries, les centrales énergétiques de la cellule.

Il est vrai que le fait que ces acides gras soient à chaîne moyenne les rend plus faciles à pénétrer dans les mitochondries. Mais cela ne veut pas dire qu’ils soient facilement brûlés. Le fait d’être saturés (les carbones qui forment leur chaîne sont tous occupés) les rend résistants à l’attaque par l’oxygène. Quels acides gras les plus oxydables et les plus faciles à brûler ? ce sont les acides gras oméga 3 qui portent le plus de liaisons désaturées, ouvertes à l’action de l’oxygène. 

Par ailleurs les études sont très défavorables. Dans les études effectuées chez l’animal le régime cétogène entraîne une dysfonction des centrales énergétiques, les mitochondries, et fait baisser le signal qui leur permet de se multiplier PGC1 alpha. 

Autre allégation : l’huile de coco aiderait à maigrir. Ce qui a été montré c’est que chez les enfants qui y ont été soumis, le plus souvent pour des maladies génétiques rares ou des épilepsies réfractaires aux médicaments, leur croissance est altérée par le régime cétogène.

Une équipe de Baylor University qui fait le tour de la littérature sur les effets du régime cétogène sur le poids, met en évidence que la majorité des études observent une perte de masse musculaire, qui, à ce jour, n’apparaît pas être compensable par un protocole intense d’activité physique.

Or, de toutes manières, les chercheurs observent que le personnes subissant ce régime réduisent leur activité physique. En réalisant plusieurs groupes soumis à des régimes différents, ils établissent que plus les corps cétoniques augmentent dans le sang, plus les personnes sont fatiguées, fatigables lors d’un exercice, et qu’elles évitent de bouger.

A la demande des Special Operations Forces de l’armée américaine, des scientifiques font le tour des études étudiant les performances physiques suite à un régime cétogène. Leur conclusion : les études produisent des résultats « nuls, équivoques ou négatifs ».

Autre allégation du régime cétogène : il diminuerait l’appétit et rendrait les régimes plus supportables. Or la mise à l’épreuve expérimentale montre au contraire une augmentation de l’appétit les 3 premières semaines. Et poursuivre un tel régime déséquilibré est formellement déconseillé. 

Pour en savoir plus sur les répercussions énergétiques, dysfonctions mitochondriales et sur le poids, entraînées par un régime cétogène :

Lewis J Hutfleset al, A Bioenergetics Systems Evaluation of Ketogenic Diet Liver Effects, Appl Physiol Nutr Metab, 2017,  42 (9) : 955–962 

Tinsley GMet al, Fat-Free Mass Changes During Ketogenic Diets and the Potential Role of Resistance Training, Int J Sport Nutr Exerc Metab, 2016,26 (1):  78-92

White AMet al, Blood ketones are directly related to fatigue and perceived effort during exercise in overweight adults adhering to low-carbohydrate diets for weight loss : a pilot study, J Am Diet Assoc, 2007, 107 (10) : 1792-6

Scott JM, Deuster PA, Ketones and Human Performance, J Spec Oper Med, 2017, 17 (2) : 112-116

Nymo Set al, Timeline of changes in appetite during weight loss with a ketogenic diet, Int J Obes (Lond), 2017, 41 (8) : 1224-1231

Le régime cétogène et l’huile de coco bons pour les maladies cardiovasculaires ?

Les promoteurs de l’huile de coco s’appuient sur des études épidémiologiques qui montrent de faibles incidences de pathologies cardiovasculaires dans des pays où l’on consomme beaucoup d’huile de coco :les Indes, le Sri Lanka, les Philippines, la Polynésie, et la Mélanésie. Mais les scientifiques qui ont regardé ces études attribuent cette faible incidence à un ensemble de facteurs : pauvreté, très faible consommation de protéines animales, consommation très élevé de végétaux, activités physiques extrêmement intenses… Ils estiment abusive l’attribution de cet effet à l’huile de coco.

Ils citent aussi une étude chez des Philippins où le taux de cholestérol HDL est augmenté avec les apports en huile de coco. Mais en réalité tout est augmenté : les triglycérides (qui favorisent surpoids, diabète et maladies cardiovasculaires), le cholestérol total et le cholestérol LDL. Les études d’intervention aboutissent aux mêmes types de résultats. La compilation des études par l’American Heart Association et le US Department of Agriculture’s les amènent à conclure que l’huile de coco ne présente aucun intérêt par rapport aux autres graisses saturées.

Une étude expérimentale chez des souris montre que l’huile de coco aggrave l’insuffisance cardiaque, mais ne produit ni obésité, ni diabète, ni stéatose sur les deux mois de l’expérience. Ces conséquences n’apparaissent qu’après une durée plus longue.

Plusieurs études qui trouvent des effets positifs à des apports en graisses saturées à chaîne moyenne les comparent avec ceux des apports en graisses saturées à longue chaîne. Dans ce cadre évidemment. Mais on ne recommande ni l’un ni l’autre. On recommande des huiles riches en graisses mono-insaturées et en polyphénols, l’huile d’olive et des huiles riches en oméga 3, dont les effets sont incontestables sur l’énergie, le poids et l’ensemble des risques de maladies que ce soit en elles-mêmes, ou, mieux dans le cadre des modèles méditerranéen ou d’Okinawa. 

Pour en savoir plus sur l’huile de coco et les risques cardiovasculaires :

Laurence Eyreset al, Coconut oil consumption and cardiovascular risk factors in humans, Nutr Rev,  2016, 74 (4) : 267–280

Muthuramu Iet al, Coconut Oil Aggravates Pressure Overload-Induced Cardiomyopathy without Inducing Obesity, Systemic Insulin Resistance, or Cardiac Steatosis, Int J Mol Sci,2017, 18 (7)

Le régime cétogène et l’huile de coco bons pour les cancers ?

Le fait que les tumeurs utilisent du glucose comme nutriment a incité à essayer le régime cétogène comme cotraitement des cancers.

Mais le premier problème est que les acides gras ont aussi été montrés nutriments privilégiés par les cellules cancéreuses.

Le deuxième est que de nombreuses études indiquent que les tumeurs surexpriment leurs capacités à capter  le glucose, détournent le manque de glucose en augmentant la glycolyse ou en utilisant le lactate… Par ailleurs les cellules cancéreuses utilisent d’autres carburants de manière privilégiée, en particulier la glutamine. Or le détricotage inflammatoire des fibres musculaires, libérateur de glutamine, est amplifié par le régime cétonique. Les chercheurs ne cessent de découvrir des moyens par lesquels les cellules cancéreuses détournent le métabolisme à leur profit. Par exemple elles attirent des fibroblastes qu’elles amènent à importer par des exosomes, de petites poches de membranes, des nutriments. Comme l’explique Nissim Hay de l’Université d’Illinois à Chicago, il est beaucoup plus compliqué que prévu de réduire l’accessibilité au glucose des cellules cancéreuses.

Le troisième problème est qu’une alimentation riche en graisses et en protéines animales est pro-inflammatoire par pratiquement toutes les voies connues : perturbation de la flore digestive, métabolisme des acides gras orienté vers la production de prostaglandines inflammatoires, activation du chef d’orchestre mTOR, activation de NFkappaB…              

Or, mTOR et NFkappa N sont des signaux à la fois d’inflammation et de prolifération. L’intiation des cancers, leur caractère prolifératif et invasif, l’angiogénèse et la capacité métastatique utilisent toutes l’inflammation comme amplificateur. 

Les études sont formelles : consommer plus de viandes augmente l’inflammation, à commencer par celle du colon, est un facteur de cancers digestifs et consommer plus de graisses saturées et oméga 6 joue un rôle inflammatoire et promoteur des cancers, en particulier du sein et de la prostate.

Le quatrième est que le régime cétonique prétend reproduire les conditions du jeûne. Mais s’il baisse les taux de glucose circulant comme le jeûne, il fait l’inverse en ce qui concerne le très important facteur de promotion tumoral IGF1. Le jeûne et le polyphénols font bien baisser IGF1 mais les protéines animales, surtout viandes et produits laitiers et les graisses le font monter, ce qui a un effet promoteur.

La cinquième problème est que la baisse drastique de consommation des végétaux effondre les apports en fibres indispensables à la flore, en polyphénols, en minéraux comme le magnésium et en antioxydants anti-inflammatoires. Ceci, alors que toutes les études montrent des effets protecteurs majeurs d’une alimentation à dominante végétale sur les cancers.

Le sixième est que les patients cancéreux ont besoin de leur masse musculaire (dont dépend la réponse immunitaire) et de leur capacité à bouger pour lutter contre leurs tumeurs. Or, nous avons vu que le régime cétogène affaiblit la masse musculaire, fatigue et entraîne une baisse notable de l’envie de bouger.

Le septième est que l’un des effets secondaires les plus fréquents du régime cétogène est de donner des nausées, ce qui est déjà un des effets secondaires les plus mal vécus des chimiothérapies.

Mais que disent les études ? Certaines études chez l’animal montrent des effets anti-tumoraux à court terme. Mais plusieurs synthèses (Klement, 2017 ; Weber, 2018) concernant les études chez l’homme concluent que l’on ne dispose d’aucune étude randomisée fiable, seulement quelques observations anecdotiques sans valeur scientifique. Plus d’études concerne un cancer particulier, le glioblastome, pour lequel, de nouveau, il n’existe pas non plus encore de possibilité de conclure sur l’intérêt d’une telle approche complémentaire. En effet une synthèse de 2015 n’enregistre que 3 études arrivant à un total de 32 cas traités au total ! 

Dans ces conditions lorsque des auteurs comme Ulrike Kämmerer (Le régime cétogène contre le cancer) en Allemagne se permettent de médiatiser une telle approche comme l’alimentation optimale en cas de cancer, on est face à une véritable exploitation de la crédulité du public par des gourous irresponsables. Le titre du chapitre 2 de livre de Kämmerer est éloquent : « Les glucides, les fruits, les légumes sont-ils aussi bons pour la santé qu’on le croit ? » Les quarante dernières années de la recherche en nutrition l’ont démontré sous toutes les coutures. On est au niveau du créationnisme, de « la Terre est plate » ou de la négation du réchauffement climatique. 

Pour en savoir plus sur le régime cétogène et les cancers :

Daniela D Weberet al,  Ketogenic diet in cancer therapy, Aging (Albany NY).2018 , 10 (2) : 164–165

Klement RJet al, Beneficial effects of ketogenic diets for cancer patients : a realist review with focus on evidence and confirmation, Med Oncol, 2017, 34 (8) : 132

Schwartz Ket al, Treatment of glioma patients with ketogenic diets : report of two cases treated with an IRB-approved energy-restricted ketogenic diet protocol and review of the literature, Cancer Metab, 2015, 3 : 3

Kumar Aet al, Sestrin2 facilitates glutamine-dependent transcription of PGC-1α and survival of liver cancer cells under glucose limitation, FEBS J, 2018, 285 (7) : 1326-1345

Hongyun Zhaoet al, Tumor microenvironment derived exosomes pleiotropically modulate cancer cell metabolism, eLife, 2016, 5 : e10250

Nissim Hayet al, Reprogramming glucose metabolism in cancer: can it be exploited for cancer therapy ?, Nat Rev Cancer, 2016, 16 (10) : 635–649. 

Chunxia Liet al, Metabolic reprogramming in cancer cells : glycolysis, glutaminolysis, and Bcl-2 proteins as novel therapeutic targets for cancer, World J Surg Oncol. 2016,  14 : 15 

Le régime cétogène et l’huile de coco bons pour la maladie d’Alzheimer ?

Les bases sur lesquelles un régime cétogène et l’huile de coco pourraient être bénéfiques en cas de maladie d’Alzheimer, sont meilleures que dans tous els autres cas que nous avons vus jusqu’à présent.

Pour le comprendre il faut revenir aux origines de ce régime qui a été historiquement conçu en 1921 par Wilder pour améliorer des épilepsies. Il tend aussi à améliorer les cas des enfants associées à des maladies génétiques rares : la maladie de Vivo, où il y a un défaut de transporteur cérébral du glucose ou de son métabolisme : déficit dans une enzyme nécessaire pour produire de l’énergie, la pyruvate déshydrogénase  ou dans le complexe 1 de la chaîne respiratoire de la mitochondrie. Les corps cétoniques sont le deuxième carburant privilégié par les neurones après le glucose. Ces trois maladies génétiques et les épilepsies rebelles aux anti-convulsivants sont les seules indications aujourd’hui acceptées du régime cétogène, même si les méta-analyses déplorent l’absence d’études en double aveugle. 

Pourquoi le régime cétogène pourrait apporter une contribution au traitement de la maladie d’Alzheimer ? C’est parce qu’il est démontré par l’imagerie cérébrale que la captation du glucose pour les neurones est affectée avant même que les signes cliniques apparaissent. La paresse métabolique des neurones joue donc un rôle dans la maladie d’Alzheimer. Or, il semble que s’ils ne captent pas bien le glucose, qu’ils continuent à bien capter les corps cétoniques.

Quelques études chez l’animal indiquent une réduction de dépôts bêta-amyloïdes. Mais toutes les études réalisées chez l’homme réduisant les protéines bêta-amyloïdes se sont soldées par un échec. Cela ne mène à aucune amélioration clinique.

Une petite étude réalisée au Colorado en 2004 sur 20 patients présentant un déclin cognitif ou une maladie d’Alzheimer ont reçu des triglycérides à chaîne moyenne ou un placebo. A la fin de l’étude 4 patients ont montré une légère amélioration de tests cognitifs, 4 autres aucune.

En 2009, une étude randomisée sur 152 personnes atteintes de formes légères à modérées de maladie d’Alzheimer reçoivent un supplément cétogène (AC-1202)

pendant 3 mois. Seuls les patients non porteurs de l’allèle ApoE4 recevant ce supplément montrent une amélioration significative de l’évaluation du Assessment Scale-Cognitive subscale (ADAS-Cog) par rapport à ceux du groupe placebo.

Malheureusement à ce jour, aucune autre étude n’a été menée, comme le recense la synthèse réalisée en 2017 par Klaus Lange de l’Université de Regensburg. Il est impossible donc avec si peu de données de conclure sur l’intérêt d’une telle intervention. D’autant plus que dans ces deux études la cétogénèse n’est pas obtenue par un régime restrictif strict qui engendre des carences, mais par un supplément. En fait on ne dispose donc d’aucune étude sur un régime cétogène et la consommation d’huile de coco dans la maladie d’Alzheimer.

Pour en savoir plus sur le régime cétogène, l’huile de coco et la maladie d’Alzheimer :

Cunnane SCet al, Can ketones compensate for deteriorating brain glucose uptake during aging ? Implications for the risk and treatment of Alzheimer's disease, Ann N Y Acad Sci, 2016, 1367(1) : 12-20 14

Reger MAet al, Effects of beta-hydroxybutyrate on cognition in memory-impaired adults, Neurobiol Aging, 2004, 25 (3) : 311-4

Quels sont les effets secondaires et les dangers d’un régime cétogène et de la consommation d’huile de coco 

Les effets secondaires les plus fréquents observés sont la mauvaise haleine dûe à un des corps cétoniques, l’acétone (ou halitose), des nausées, de la constipation, des maux de tête, de la fatigue, de la fatigabilité à l’effort.

Les dangers chez l’enfant des carences et une altération de la croissance. L’impact sur le développement cérébral et les fonctions cognitives n’a pas été étudié chez l’enfant.

Les dangers chez l’adulte d’une utilisation dépassant plusieurs mois de ce type de régime tellement déséquilibré est les carences d’apports en vitamines et minéraux, une dyslipidémie (altération des graisses circulantes dans le sang : triglycérides, cholestérol LDL), une accumulation de graisses dans le foie (stéatose ou foie gras), des vasculopathies, une perte de masse musculaire.

Les corps cétoniques sont acidifiants et favorisent les pertes urinaires en calcium, à long terme une déminéralisation osseuse, des risques augmentés d’ostéoporose et de fractures.

La montée des corps cétoniques dans le sang donne une cétonémie, au dessus d’un certain seuil des corps cétoniques passent dans les urines, c’est la cétonurie. 

La montée excessive des corps cétoniques entraîne une baisse du pH sanguin, une acido-cétose. Cette acido-cétose provoque une fuite du glucose et du potassium dans les urines, une déshydratation, des tachycardies, des arythmies cardiaques et une hypotension qui peut mener au coma et être mortelle.

Chez les diabétiques de type 2, le régime cétogène accélère l’apparition des complications micro-angiopathiques.

Chez les diabétiques de type 1, qui utilisent mal le glucose et produisent déjà des corps cétoniques, un régime cétogène peut être mortel et est, évidemment totalement contre-indiqué.

Mais dans de nombreuses autres circonstances, la production de corps cétoniques est déjà amplifiée : grossesse,  jeûne, alcoolisme, maladies du foie,  gastro-entérite avec des vomissements et de la diarrhée, fièvre, efforts intenses et prolongés, empoisonnement par l’aspirine.

Le régime cétogène est aussi utilisé par des sportifs. Voici l’observation qu’en fait un médecin du sport : «  En consultation je constate les dégâts de cette « mode des corps cétoniques » : des sportifs qui ressemblent à des cadavres, parce qu’ils accumulent les périodes de jeunes et de privations, ils ont perdu le sourire ; des sportifs qui oublient que le meilleur carburant du muscle ça reste les glucides (apports avant pendant et après l’effort) Des « pseudo-nutritionnistes » surfent sur cette mode pour proposer des stratégies hasardeuses et approximatives. Certains médias relayent et encouragent cette mode. « Jouer » avec cette stratégie expose à des dangers métaboliques si les corps cétoniques sont produits en quantité trop importante : une toxicité parfaitement connue pour les reins et pour le cerveau, sans oublier les conséquences délétères sur l’équilibre psychologique. » 

Au total, le régime cétogène est un régime très anormal, dont le rapport bénéfices/risques très mauvais. Ceci implique qu’il ne soit utilisé que pour des indications où il n’y a pas d’autres solutions, ce qui ne concerne que quelques maladies génétiques rares et des épilepsies rebelles, et même dans ces cas, de manière courte, avant de revenir dès que possible à une alimentation plus équilibrée.Il s’agit donc d’un régime qui ne devrait être suivi que sur prescription médicale et sous suivi strict.

Il s’agit d’un régime d’ailleurs d’un régime strict, beaucoup plus strict que la plupart des régimes jamais popularisés.

Quant à l’huile de coco, c’est une huile saturée, alors que nos apports en graisses saturées est déjà excessif. Le fait qu’elle soit composée de triglycérides à chaîne moyennes est bien loin d’être un atout, au même titre que le sont les acides gras oméga 3. En consommer, implique de consommer moins des huiles démontrées incontestablement profitables dans tous les domaines de la santé : l’huile d’olive vierge riche en polyphénols et les huiles pauvres en graisses saturées, en oméga 6 et riches en oméga 3, comme l’huile de colza. Cela résulte en un double effet négatif.

On peut médiatiser et promouvoir de bons comme de mauvais produits. La seule façon de les distinguer est de s’informer plutôt que de « croire ». Quant aux « régimes », soyons clairs, aucun n’est à suivre. Il s’agit seulement de profiter de ce que les modèles les plus validés, où dominent à ce jour le modèle méditerranéen et le modèle d’Okinawa, ont de meilleur et de corriger ce qu’ils ont de moins bon (par exemple, les méditerranéens consomment du fromage de brebis, la feta, qui augmente les risques cardiovasculaires ; les Okinawaïens cuisent avec de l’huile de colza qui ne devrait pas être exposée à la chaleur car riche en oméga 3…). Et d’autres aliments santé proviennent d’ailleurs (par exemple, le thé vert matcha des Chinois et Japonais, le curcuma des Indiens, le chocolat des Kunas, les graines de chia des Andins… Chacun est en droit de profiter de ce que chaque région du monde apporte de meilleur. Et qui plus est de les adapter à ses besoins, qui sont particuliers, et même aux circonstances, qui changent.

Retenez que suivre strictement un régime, quel qu’il soit, a toutes les chances d’être néfaste. Cela a déjà été prouvé pour le régime hyperprotéiné dans le surpoids, qui est inflammatoire, pour le régime Atkins et pour le régime « paléo », tous les deux trop riches en protéines et graisses… Ce qui a de quoi effrayer dans le régime cétogène est qu’il est encore plus extrême, plus déséquilibré et plus dangereux que tous ces régimes « tendances » qui ont sévi jusqu’à présent. Les médias qui ont contribué à le populariser ont fait preuve de beaucoup d’irresponsabilité dans la non vérification de ses fondations et de son innocuité.

Je ne serais pas surpris si un jour les promoteurs du régime cétogène se retrouvent inquiétés par la justice suite à des plaintes des personnes qui en auront subi les conséquences.

Pour en savoir plus sur les effets secondaires et dangers du régime cétogène :

www.sciencesetavenir.fr/sante-maladie/acidocetose-diabetique_104726

www.medecinedusportconseils.com/2016/08/18/nutrition-et-corps-cetoniques...

www.all-musculation.com/nutrition/dietes-cetogenes/risques-peuvent-compo...

Alimentation et cancer: gare au régime cétogène www.rtl.be/info/belgique/societe/alimentation-et-cancer-gare-au-regime-c...

Ce texte est un extrait du Dossier Santé et Nutrition n°82 de Juillet 2018 publié par Santé Nature Innovation - www.dossiers-sante-nutrition.com

Appréciation: 

5

Categorie: 

En pratique: 

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